samedi 21 décembre 2024

Une sélection internationale de qualité au Poitiers Film Festival


Dès les débuts du Poitiers Film Festival – ex rencontres Henri Langlois – le festival a été dédié au court métrage sous toutes ses formes (fiction, documentaire, film d’animation …). Pour la quarante septième édition du festival ce sont quarante six courts métrage qui ont été sélectionnés. Trente sept d’entre eux l’ont été [sélectionnés] parmi 1375 films reçus pour la sélection internationale ; ils ont ensuite été « répartis » dans huit séries de quatre ou cinq films. Les neuf autres ont rejoint la compétition So French qui a fait l’objet d’un article à part (https://autresarts.blogspot.com/2024/12/so-french-une-competition-100-francaise.html). Contrairement à la quarante cinquième édition de la manifestation (celle qui s’est déroulée en 2022) pendant laquelle j’avais vu une bonne partie des films sélectionnés pour la compétition internationale – au moins quatre ou cinq séries sur les huit – (https://autresarts.blogspot.com/2022/12/poitiers-film-festival-les-court.html), j’ai vu trois séries sur les huit au programme de la sélection internationale Les films que j’ai vus étaient très intéressants, pas toujours vraiment passionnants, mais ils retenaient quand même l’attention pour une raison ou pour une autre.


Sélection Internationale 1 (quatre films) :


- El reinado de Antoine (José Luis Jimenez Gomez ; fiction, 2023. Durée : 18 minutes. Pays : Cuba)


Comment un jeune homme aidant de son père s’évade dans des épopées imaginaires.


- Le Altre vite (Nicolo Folin ; fiction, 2024. Durée : 17 minutes. Pays : Italie).


Grâce à une nouvelle technologie, une institution publique rend possible l’interaction entre les vivants et les morts.


- Tabac froid (Arthur Jamin, film d’animation, 2023. Durée : 10 minutes. Pays : France).


Rares sont ceux qui sortent du silence. La question est : Pourquoi n’en parle-t-on pas ?


- No more pool time (Jonas Baumann, fiction, 2024. Durée : 36 minutes. Pays : Allemagne).


Le nouveau propriétaire d’une piscine est tiraillé entre une promesse faite à sa fille et le gala de charité organisé par sa nouvelle compagne concernant un projet d’alimentation en eau en Afrique.


Sélection Internationale 2 (quatre films)


- Au huitième jour (Flavie Carin,Élise Debruyne, Théo Duhautois, Alicia Massez, Agathe Sénéchal ; film d’animation, 2023. Durée : 8 minutes. Pays : France).


Il a fallu sept jours pour créer le monde ; il n’en aura fallu qu’un pour bouleverser son équilibre.


- Spiritum* (Adolfo Marguilis ; fiction, 2024. Durée : 23 minutes. Pays : Mexique)


Ramiro, jeune toxicomane admis dans un centre de désintoxication reste à l’écart des autres. Progressivement, les expériences et les mots des patients l’obligent à affronter sa réalité.


- Mrs Iran’s husband (Shouhare Iran Khanoum, Marjan Khosravi ; documentaire, 2023. Durée : 27 minutes. Pays : Iran).


Le sultan Mohamad vit dans un royaume au cœur de la montagne avec ses deux épouses, ses 11 enfants et son troupeau de moutons. Il s’efforce de conserver son pouvoir mais son prestige dépend de ses épouses.


- Söder (Raoul Bruck ; fiction, 2024. Durée : 2024. Pays : Autriche).


Kerstin engage un mystérieux jeune homme via le darknet pour se débarrasser de son mari inutile. Mais le tueur à gage présumé, Söder, n’est vraiment qu’un bon à rien qui vit ses fantasmes sur internet.


Sélection Internationale 6 (cinq films)


- The sea in between (Morje Med Nana, Lun Sevrik ; fiction, 2024. Durée : 15 minutes. Pays : Tchéquie).


Alors qu’il aide son père dans l’entreprise familiale, un adolescent renfrogné se retrouve bloqué sur un petit bateau avec un touriste âgé qui lui fait des propositions indécentes.


- Transalpin (Léo Gatiner, Clara Nicolas ; documentaire, 2024. Durée : 21 minutes. Pays : France).


A la frontière franco-italienne, un tunnelier perce la montagne et assèche les ruisseaux. Dans la vallée résonne la colère des villages.


- Dragfox (Lisa Ott ; film d’animation, 2024. Durée : 8 minutes. Pays : Royaume Uni)


Sam, en pleine quête d’identité, voit son chemin bouleversé par sa rencontre avec un mystérieux renard.


- Merry ! (Seungwan Jin ; fiction, 2023. Durée : 20 minutes. Pays : Corée du sud)


Woohee qui a passé l’âge d’être en famille d’accueil, veut et doit faire partie de la société.


- Januari (Jetske Lieber ; fiction, 2024. Durée : 20 minutes. Pays : Pays Bas)


Pour Willem, la vingtaine, Janvier commence par une grosse peine de coeur. Il se retrouve face à cette question : Qui suis je maintenant sans mon ex ?


*Film autobiographique


Ces treize films sont d’une qualité remarquable dans tous les domaines. J’ai eu un énorme coup de cœur pour Dragfox de Lisa Ott (Royaume Uni) et Au huitième jour de Flavie Carin, Elise Debruyne, Théo Duhautois, Alicia Massez et Agathe Sénéchal (France). Ces deux films d’animation durent 8 minutes chacun mais sont parfaits en tout. Je regrette que Au huitième jour n’ait pas été primé (quel crève cœur pour les différents jurys de devoir faire des choix parmi tous ces films exceptionnels) mais Dragfox a reçu deux prix grandement mérités (prix de l’extra court et prix du public). The sea in between (prix du scénario), Januari (prix Manifest) et Transalpin (mention spéciale du jury étudiant) ont également été récompensés bien que The sea in between ne m’ait pas vraiment convaincue (mais il n’en est pas moins très bien réalisé et a le mérite de mettre un coup de pied dans la fourmilière en mettant en avant le gravissime problème de la pédo pornographie et de la prostitution enfantine trop souvent tabou). Spiritum, film autobiographique, (car Adolfo Marquilis a lui même été toxicomane et a séjourné dans un centre de désintoxication) a reçu le prix spécial du jury et c’est également très mérité.


En attendant l’édition 2025 du Poitiers Film Festival, je souhaite bon vent à l’ensemble des réalisateurs qui ont été sélectionnés pour la compétition internationale et j’espère les revoir un jour avec un premier long métrage.


Crédit photo : Arthur Péquin

mardi 17 décembre 2024

Focus pays : Le Poitiers Film Festival invite quatre réalisatrices lituaniennes


Chaque année, le Poitiers Film Festival fait un focus sur un pays. Après le Liban en 2023, c’est la Lituanie qui a été au cœur du focus pays de l’édition 2024 du festival. Camille Sanz, la déléguée générale du Poitiers Film Festival, a invité quatre réalisatrices lituaniennes à venir – ou à revenir à Poitiers, car deux d’entre elles ont eu des films sélectionnés dans la compétition internationale – avec leurs films (films d’animation, courts métrage, longs métrage). Je n’ai pas eu l’occasion de voir les longs métrage et je le regrette car j’aurais eu plaisir à voir de quoi il retournait ; en revanche, j’ai vu les films d’animation et cinq courts métrage sur les dix présentés.


Sept dessins animés peu convaincants


Bien que quatre réalisatrices arrivent à Poitiers Pour le Poitiers Film Festival seules Skirmanta Jakaïté et Eglé Davidavicé présentent des courts métrage d’animation. Si l’intention est parfaitement louable – la culture cinématographique est riche, diverse, variée – le résultat est plutôt décevant. Aucun des films présentés dans cette série de dessins animés n’arrivent vraiment à convaincre. Ils sont bien dessinés, bien réalisés, bien montés mais ils manquent singulièrement d’empathie et de cohérence. Cela étant dit, même si cette série ne m’a pas franchement convaincue, je suis quand même contente de l’avoir vue, ne fusse que pour pouvoir faire la comparaison avec d’autres films d’animation.


Les films


- Non Euclidean Geometry (Skirmanta Jakaïté, 2013. Durée : 11 minutes)

- My birth (Eglé Davidavicé, 2017. Durée : 3 minutes)

- Way Better (Skirmanta Jakaïté, 2022. Durée : 14 minutes)

- Combing (Eglé Davidavicé, 2019. Durée : 5 minutes)

- The juggler (Skirmanta Jakaïté, 2018. Durée : 11 minutes)

- We may meet, We may not (Skirmanta Jakaïté, 2011. Durée : 8 minutes)

- The one who knows (Eglé Davidavicé, 2023. Durée : 12 minutes)


Quatre courts métrage plutôt sympathiques


En ce qui concerne les fictions, elles étaient divisées en deux séries de quatre et cinq films. Je n’ai vu que la première série de films, mais elle était plutôt bien ficelée à tous les niveaux (scénarios, montage, réalisation, musiques …). Cela étant dit, s’agissant de films d’école (les responsables du festival ont ressorti les films de celles de leurs invitées qui sont passées par le Poitiers Film Festival et y ont ajouté des courts métrage réalisés par des élèves passés récemment par l’école lituanienne du cinéma. Cette première série regroupe quatre courts de réalisateurs sortis depuis peu de l’école de cinéma. Les quatre histoires, aussi différentes que possible les unes des autres sont fort bien défendues par des acteurs aguéris qui entrent dans la peau de leurs personnages sans efforts.


Les films


- Closer (Artumo Jausmas, fiction, 2024. Durée : 22 minutes)

- Blausos (Arnas Balciunas, fiction, 2022. Durée : 17 minutes)

- Quiero saber de la vidad (Beatrice Sofia Piesliakaité, fiction, 2024. Durée : 21 minutes)

- It would be splendid yet (Lina Luzité, fiction, 2010. Durée : 28 minutes)


Si j’ai été déçue par les films d’animation, les lituaniens n’ont rien à envier à leurs collègues européens. Le cinéma de cette partie de l’Europe gagne réellement à être connu, et si vous avez l’occasion d’aller voir un film de ce pays, allez y.


Crédit photo : Arthur Péquin

mercredi 11 décembre 2024

Poitiers Film Festival : un palmarès qui reflète la grande qualité des films sélectionnés


Lors de l’édition 2023, j’avais salué un beau palmarès malgré quelques erreurs dans la sélection internationale. Les 37 films sélectionnés pour l'édition 2024 du Poitiers Film Festival étaient d’une qualité exceptionnelle et les jurys ont parfois eu bien du mal à se départager pour attribuer leurs prix. Ce sont treize prix et une mention spéciale qui ont été attribués parmi lesquels deux nouveautés : le prix du collectif 50/50 et le prix de l’écriture créative. S’il y a toujours un moment d’animation qui précède la remise des prix, je dois admettre que l’audio description en direct performée de Marie Diagne qui était bienvenue lors de l’avant première de « Contre toute lumière dansent mes ombres » tombait à plat à l’occasion de la cérémonie de remise des prix. Je me suis également bien ennuyé pendant l’émission de radio animée par Agathe Gallo ; si la jeune femme est une journaliste compétente et agréable à écouter, les redites ont été nombreuses et les hommages à Jean Claude Rullier, pilier du comité de sélection du Poitiers Film Festival disparu en août dernier, ont parfois été un peu lourds ; un peu de sobriété en une si triste occasion aurait été bienvenue. Cela étant dit, la qualité des 37 films sélectionnés (37 sur 1375 reçus par le comité de sélection) a été saluée à plusieurs reprises et, même si je n’ai pas vu l’ensemble des courts métrage, je rejoins l’ensemble des jurys et je tiens à saluer la très belle sélection réalisée à l’été 2024 pour le festival qui vient de s’achever.


Palmarès


Grand prix du jury : El màrtir (Allemagne)


Prix spécial du jury : Spiritum (Mexique)


Prix de la mise en scène : El reinado de Antoine (Cuba)


Prix du scénario : The sea in between (Tchéquie)


Prix du public : Dragfox (Grande Bretagne)


Prix du jury étudiant : Disfonias (Colombie)


Mention spéciale du jury étudiant : Transalpin (France)


Prix du collectif 50/50 : Fatmé (Maroc)


Prix de l’écriture créative : Between the lines (Autriche)


Prix amnesty international France : Mrs Iran’s husband (Iran)


Prix Manifest : Januari (Pays Bas)


Prix Maison du film : Maman danse (Suisse)


Prix de l’extra court : Dragfox (Grande Bretagne)


Prix découverte de la critique française : Toto (Pologne)


Si je suis ravie que l’adorable film d’animation britanique Dragfox (qui met avec talent et sobriété les enfants transgenres en avant) ait reçu deux récompenses (prix de l’extra court et prix du public), je suis également enchantée de voir que nombre de pays ont été récompensés par les différents jurys.


Crédit photo : Arthur Péquin

samedi 7 décembre 2024

So French : une compétition 100 % française dans la compétition


 

Le Poitiers Films Festival a pour cœur de cible, le court métrage d’école. Chaque année le comité de sélection reçoit plus de 1300 films de jeunes réalisateurs du monde entier qui sont en fin d’études. Pour l’édition 2024, ce sont 46 films qui ont été sélectionnés parmi 1375 qui ont été reçus ; 37 d’entre eux ont été répartis en huit séries de quatre ou cinq courts métrages. Les 9 autres, réalisés par des jeunes étudiants d’écoles de cinéma françaises « s’affrontent » dans une compétition à part : So French. Pour cette compétition à part, quatre prix sont remis dès la fin de la projection : prix des lycéens, prix étudiant international, prix du jury, prix du public.


Les films en compétition


- Un été bleu de Juliette Ragot. Film d’animation, 2024. Durée : 8 minutes. École : la Fémis, Paris.


Ce petit dessin animé est assez sympathique, bien réalisé, bien monté, il montre bien l’ambivalence de Louane et d’Aïssa âgées de 14 ans qui profitent d’une apnée pour partager un moment de tendresse.


- Café au lait de Lou Barsali. Documentaire expérimental, 2024. Durée : 18 minutes. École : Master cinéma documentaire, université Bordeaux Montaigne.


Lou Barsali aborde avec talent et sobriété le thème du métissage et de la recherche d’identité des métis au cours des cinquante dernières années.


- Jour de vent de Martin Chailloux, Ai Kim Crespin, Elise Golfouse , Chloé Lab, Hugo Taillez, Camille Truding. Film d’animation, 2024. Durée : 7 minutes. École : École des nouvelles images, Avignon.


Alors que les gens profitent d’une journée au parc, un vent violent et musical se lève bouleversant au passage l’ordre établi.


- Mourir à Oujda de Wissam Bentikouk. Fiction, 2024. Durée : 20 minutes. École : la Fémis, Paris.


Un jeune narcotrafiquant qui a suivi les traces de son père, mort d’une mort violente , finit par « le retrouver » en se faisant assassiner dans une voiture ou il est avec ses amis par un gang rival.


- Jusqu’au dessert de Jules Duclos, Noë Simondi. Film d’animation, 2023. Durée : 4 minutes. École : École des métiers du cinéma d’animation, Angoulême.


Nihno est un jeune homme trans qui se retrouve plongé dans une bulle de négativité. Ses amis tentent de le sortir de ses sombres souvenirs.


- En avant, en arrière de Aurore Engel. Fiction, 2023. Durée : 19 minutes. École : CinéFabrique, Lyon.


Basile tente de se remettre en couple avec Diane qu’il a trompée avec Zoé en emmenant cette dernière lui expliquer que ce n’était qu’un coup d’un soir. De la lâcheté des hommes qui n’assument pas leurs actes.


- Riot Doll de Mrunal Khairnar, Lwazi Msipha, Daria Skripka, Poornima Subramaniam. Film d’animation, 2023. Durée : 7 minutes. École : GOBELINS – école de l’image, Paris.

Bouleversée par la haine qui envahit la société, une jeune livreuse moscovite trouve une curieuse échappatoire pour traiter avec les partisans de la guerre.


- Green light de Bérenger Barry. Fiction, 2024. Durée : 10 minutes. École : CinéFabrique, Lyon.


Hazel et Ben sont potes depuis toujours. Mais aujourd’hui n’est pas toujours.


- La mort du petit cheval de Gabrielle Selnet. Film d’animation, 2023. Durée : 4 minutes. École : La poudrière, Bourg les Valence.


Virée de chez sa mère sans même une paire de chaussures, Gab cherche un appartement dans le chaos des rues de Paris.


Ce sont neuf courts métrages de très belle facture que nous ont proposé les jeunes réalisateurs. Si je n’ai pas du tout accroché à Mourir à Oujda, j’ai apprécié la très belle qualité des films de ces jeunes qui sont en fin d’études.


Le palmarès


Les deux premiers prix sont décernés par les lycéens et les étudiants. Les lycéens viennent de toute la France et sont dans des classes avec option cinéma ; quant aux étudiants, ils sont à l’université dans les classe de FLE (Français Langue Etrangère)


- Prix des lycéens : Café au lait de Lou Barsali


- Prix étudiant international : Café au lait de Lou Barsali


Le jury professionnel a eu du mal a se décider. C’est pourquoi, les jurés ont attribué une mention spéciale ET un prix avec lequel, personnellement je ne suis pas d’accord du tout malgré les qualités du film primé.


- Mention spéciale : En avant, en arrière de Aurore Engel


- Prix du jury : Mourir à Oujda de Wissam Bentikouk


Le prix du public est le dernier à être attribué, mais c’est normal puisque le dépouillement a lieu pendant que les autres prix sont décernés.


- Prix du public : Green light de Bérenger Barry


Crédit photo : Arthur Pequin 

mardi 19 novembre 2024

Le Poitiers Films Festival aura lieu du 29 novembre au 6 décembre au Théâtre Auditorium de Poitiers et au TAP Castille


 

Le Poitiers Film Festival, créé dans les années 1970 par l’archiviste Henri Langlois va célébrer en 2024 sa quarante septième édition. Les responsables de la Scène Nationale poitevine ont donné les grandes lignes de la manifestation à la presse locale le 14 novembre dernier.


Raphaëlle Girard (directrice générale du Théâtre Auditorium de Poitiers) :


Je suis très heureuse de vous accueillir pour la présentation de la prochaine édition du Poitiers Film Festival – la quarante septième du nom, déjà – . Le cinéma tient une place aussi importante dans mon projet que le spectacle vivant. Je tiens beaucoup à l’hybridité des genres, c’est pourquoi il y aura un ciné concert le 30 novembre : 16 levers de soleil ; et aussi un spectacle théâtral créé par les étudiants de la section théâtre du Conservatoire à Rayonnement Régional de Grand Poitiers. Nous avons aussi de nouveaux partenaires : l’espace Pierre Mendès France, la médiathèque de Saint Éloi et la médiathèque François Mitterrand. Mais il y a aussi les partenaires presse habituels qui animeront, notamment des ateliers de radio dans le foyer général du PAT.


Camille Sanz (déléguée générale du Poitiers Films Festival) :


Le Poitiers Film Festival est centré sur l’émergence de nouveaux talents. C’est pourquoi, nous invitons les élèves des écoles de cinéma du monde entier à nous envoyer leurs films dès le printemps ;et la sélection se fait pendant l’été. Ce sont 46 films qui ont été sélectionné sur plus de 1350 qui nous ont été envoyé. Comme de coutume il y a 37 courts métrage qui concourent dans la sélection internationale et 9 courts qui concourent dans la catégorie So French. Les différents cycles de courts métrage seront diffusés au TAP Castille pendant le week-end et en soirée ; ils seront rediffusés au TAP en journée dès le lundi, la remise des prix aura lieu le vendredi à partir de 18h30, avant la projection de la dernière avant première du Poitiers Film Festival. En ce qui concerne la catégorie So French, la compétition aura lieu le mercredi soir au TAP et les prix seront remis dans la foulée Bien sûr il y aura des avant premières ; lors de la soirée d’ouverture, le 29 novembre, nous projetterons « Le beau rôle » de Victor Rodenbach qui est passé par le Poitiers Film Festival il y a quelques années. Pour la clôture nous diffuserons « Mon inséparable » d’Anne Sophie Bailly qui connaît une carrière fulgurante puisqu’elle était sélectionnée au Poitiers Film Festival en 2021. En ce qui concerne le fil rouge du festival, cette année nous iront dans l’espace ; car la fascination spatiale est une spécificité française. Quand au focus pays, nous allumerons les projecteurs en direction de la Lituanie ; nous avons invité quatre réalisatrices dont deux sont passé par le Poitiers Film Festival en 2010 pour l’une et en 2015 pour la seconde. Elles ont toutes les quatre un point commun : elles ont fait la même école de cinéma à Vilnius. Pour le reste, il y aura bien sur les ciné midi (ex ciné sandwich) le mardi 3 et le jeudi 5 décembre – profitez en car ce sont les seules fois ou vous aurez l’occasion de pouvoir manger dans la salle pendant une séance de cinéma ; le ciné concert dont Raphaëlle a déjà parlé aura lieu le 30 novembre. Le 1er décembre sera diffusé un film intitulé « Seul sur Mars » et le 5 décembre à partir de 22 heures aura lieu la Big Band Party.


Julien Proust (en charge de l’éducation à l’image)


Le thème de l’espèce est une source d’inspiration qui nous permet de développer des idées originales. Les lycéens confectionneront des doudous le 27 novembre au cours d’un atelier doudou ; ces doudous seront distribués aux enfants pendant la séance de ciné piou piou du 30 novembre (Centre d’animation de Cap Sud à 10h30). Le 1er décembre au matin et le mercredi après midi. Nous organiserons également un atelier de fabrication de fusées miniatures, nous organiserons aussi une série de projections du film d’animation Wall-e en direction des écoles maternelles et primaires du 25 novembre au 10 décembre ; tout cela dans le cadre de l’éducation à l’image en direction des plus jeunes.


Camille Sanz


Bien sur il y aura une séance spéciale pour l’école de cinéma de Poitiers Cinéesi. Nous projetterons également le film « Contre toute lumière danseront mes ombres » dont Sylvain Beaulieu – l’un des deux réalisateurs – est malvoyant ; cela nous permettra de mettre en place l’audio description pour tout le monde afin que les spectateurs sachent comment cela fonctionne pour les non voyants et les mal voyants


Elodie Ferrer (en charge de la partie pro du Poitiers Film Festival)


La partie professionnelle est d’autant plus importante qu’elle sert de lampe de lancement aux jeunes réalisateurs. Lors de l’édition à venir du Poitiers Film festival nous célébrerons le sixième anniversaire de Jump’in. Les jeunes réalisateurs auront l’occasion de rencontrer des professionnels chevronnés qui les aideront dans leurs orientations professionnelles, dans leur parcours d’écriture. Et cette année ce sont sept réalisateurs européens que nous avons invités à Jump’in. Nous avons une implication très forte au niveau régional ; cette année d’ailleurs le Poitiers Film Festival est coordinateur régional de Talents en Court. Et puis il y aura aussi les rencontres entre les étudiants et certains professionnels dans le cadre de « Mon métier de … ».


C’est une édition qui s’annonce riche en évènements à laquelle nous aurons l’occasion d’assister. Si bien sur le coeur de cible du Poitiers Film Festival reste le court métrage, nous aurons aussi des avant premières de film pendant cette très dense semaine de cinéma. Pour tous renseignements complémentaires sur le Poitiers Film Festival et les tarifs c’est par ici : https://www.tap-poitiers.com/wp-content/uploads/2024/11/pff-catalogue-2024-webb-bd_compressed.pdf

lundi 11 novembre 2024

Dom Juan ou le festin de pierre : une lecture spéciale et pas toujours heureuse de David Bobée

 



Molière ! Voilà bien un nom que les collégiens et lycéens de France et de Navarre ne peuvent ignorer tant ses comédies font partie du panthéon des pièces et comédies étudiées pendant une scolarité digne de ce nom. Et si le mythe de Dom Juan est connu de longue date, la mémoire collective retient essentiellement la comédie de Molière – de son véritable nom, Jean Baptiste Poquelin (1622-1673) – et l’opéra de Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791). Soucieux de proposer des spectacles variés au public poitevin, les responsables du Théâtre Auditorium de Poitiers ont invité David Bobée et la troupe du Théâtre du Nord qui tournent actuellement avec une lecture assez spéciale du chef d’œuvre de Molière.


Des inconvénients très gênants et des avantages non négligeables


David Bobée, en charge de la mise en scène et de la scénographie a pris des libertés avec le texte de Molière qui sont parfois assez gênantes voire même assez bruyantes. Pour évacuer les points négatifs d’emblée : Charlotte et Pierrot incarnés par XiaoYi Liu et Hao Yang Wu parlent en chinois ; si l’on ne peut qu’apprécier de voir la diversité d’origines des comédiens qui incarnent les personnages de la comédie de Molière, était il vraiment nécessaire de traduire leurs dialogues en chinois ? Les ajouts de dialogues – notamment l’inutile « prélude » autour du théâtre qui lance la soirée et se déroule devant les rideaux baissés – n’apportent strictement rien à l’intrigue, tout comme la scène du viol de Charlotte et la scène homosexuelle entre le séducteur et Pierrot lorsque Dom Juan rencontre Charlotte et Pierrot sont également de trop. Bref si David Bobée n’a que de bonnes intentions, il est parfois des « revisites » qui sont loupées. Les musiques choisies, plutôt rock, rap, hip-hop … n’ont pas grand-chose à voir avec le chef d’œuvre de Molière qu’elles desservent plus qu’autre chose. En revanche, les lumières sont superbes, les décors – d’immenses statues ou morceaux de statues – sont plutôt sympathiques, les costumes sont corrects (rien de choquant dans l’ensemble). Je dois bien reconnaître par contre que remplacer le père de Dom Juan par sa mère est plutôt une bonne idée (même s’il faut adapter les dialogues mais cela est assez compréhensible en l’occurrence) car cela donne plus de poids à la punition finale de Dom Juan.


Une très belle distribution


Si David Bobée n’a pas eu que de bonnes idées pour sa mise en scène, le Théâtre du Nord, lui, a invité une distribution de très belle facture. Radouan Leflahi est un Dom Juan retors, menteur, séducteur, sans scrupule et sans foi ni loi. Bref nous avons là un vrai méchant dans toute sa splendeur. Shade Hardy Garvey Moungondo est un Sganarelle sensible et compatissant envers les multiples victimes de son maître et sans ces chansons rajoutées par David Bobée, la performance du comédien d’origine congolaise serait parfaite. On voit assez peu Elvire, joliment incarnée par Nine d’Urso, mais elle est souvent évoquée par Dom Juan et Sganarelle ; et l’arrivée des frères de la jeune femme va encore enfoncer le clou. La voix grave de Séverine Ragaine colle assez bien au personnage de Dom Carlos ; quant à la grande stature de Orlande Zola, qui incarne Gusman (le serviteur d’Elvire) et Dom Alonse (son frère) elle fait ressortir toute la colère de Dom Alonse sans efforts. Grégory Miège, qui est aussi assistant à la mise en scène, est convaincant en Francisque puis en Mr Dimanche ; quel dommage cependant que Bobée ait cru bon de placer ici une scène assez humiliante pour Miège.Il était sans doute possible de faire ressortir la brutalité de Dom Juan d’une autre manière que celle ci. Le duo XiaoYi Liu / Hao Yang Wu est plutôt sympathique et j’ai regretté que Bobée ait eu l’étrange et malheureuse idée de faire traduire leurs répliques en chinois pour les scènes entre Charlotte et Pierrot puis entre Charlotte et Mathurin.


Si j’ai passé une bonne soirée grâce à une très belle distribution, il y a quand même pas mal de choses qui m’ont gênée tant dans la mise en scène que dans le choix des musiques. Cela étant dit, cette lecture spéciale de Dom Juan a séduit un public venu nombreux qui a réservé une ovation debout à l’ensemble des artistes présents sur la scène du Théâtre Auditorium de Poitiers


Compte rendu, théâtre. Poitiers. Théâtre le 7 novembre 2024. Jean Baptiste Poquelin dit Molière (1622-1673) : Dom Juan. Radouan Leflahi, Dom Juan ; Shade Hardy Garvey Moungondo, Sganarelle ; Nine d’Urso, Elvire ; Séverine Ragaine, Don Carlos ; Orlande Zola, Gusman, Dom Alonse ; Grégory Miège, Francisque – pauvre –, Monsieur Dimanche ; XiaoYi Liu Charlotte, un spectre ; Hao Yang Wu, Pierrot, Mathurine, La Ramée, le Commandeur. David Bobée, adaptation, mise en scène ; Léa Jézéquel / David Bobée, scénographie ; Stéphane Babi Aubert / Léo Courpotin, lumières ; Wojtek Doroszuk / Fany Derrier, vidéos ; Jean Noël Françoise, musique ; Alexandra Charles / Maud Lemercier, costumes ; Théâtre du Nord, décors ; Sophie Colleu /Grégory Miège, assistants à la mise en scène.


Crédit photo : agneces artistiques.com

mardi 10 septembre 2024

La première saison théâtrale de Raphaëlle Girard présentée à la presse


 

La première saison théâtrale de Raphaëlle Girard a été présentée à la presse en même temps que la saison musicale (https://lyriqueinfo.blogspot.com/2024/09/la-premiere-saison-musicale-de.html). La partie théâtrale de la saison ne manque pas non plus de très belles surprises.


Théâtre


Comme il y a de nouveaux artistes associés au Théâtre, ça va pas mal bouger. Ainsi le public pictavien aura-t-il l’occasion de voir plusieurs pièces mises en scène par le comédien auteur et metteur en scène Jean François Sivadier. Nous aurons aussi le plaisir de voir Isabelle Huppert.


- Dom Juan de Molière du 6 au 8 novembre mis en scène par David Bobée. Les représentation du 6 novembre et du 8 novembre auront lieu à 19h30


- Sentinelles de et mis en scène pr Jean François Sivadier. La représentation du 19 février est programmée à 20h30 ; celle du 20 février débutera à 19h30


- Bérénice d’après la tragédie de Jean Racine (1639-1699) les 14 et 15 mars 2025. Mise en scène de Roméo Castelluci. J’en profite pour relayer un appel à figurants : Roméo Castelluci cherche 12 hommes mesurant 1m80 et n’ayant pas peur d’évoluer nu (sur un seul tableau) pour faire de la figuration.


- On purge bébé de Georges Feydeau (1862-1921) du 20 au 22 mai 2025


Je ne présente ici que quatre pièces et tragédies, mais ce sont, en tout quatorze pièces et tragédies qui seront présentées pendant toute la saison. Auxquels il faut ajouter deux gratuits qui seront présentés dans le cadre des vagabondages.


Cirque


Comme de bien entendu, deux spectacles de cirques seront présentés dont un dans le cadre de Noël au TAP (tout comme Le docteur Miracle et le concert de l’ensemble Gli Incogniti placé sous la direction d’Amandine Beyer.


- Animal, une histoire de ferme du 18 au 20 décembre par le Cirque Alfonse


- Yé ! (l’eau !) les 27 et 28 janvier 2025 par le circus Baobab


Evènements et festivals (hors festival A Corps déjà évoqué ailleurs)


Bien sur des évènements et festivals jalonneront la saison


- Les journées européennes du patrimoine auront lieu les 20 et 21 septembre avec des visites guidées (départs toutes les 30 minutes de 13h30 à 18h le samedi après midi), des massages sonores …


- Le circuit aura lieu pendant la dernière semaine de septembre. Cela permettra aux jeunes âgés de 16 à 26 ans de profiter de concerts gratuits ou à prix très réduits dans les différents sites de la ville de Poitiers. Pour profiter de la gratuité pensez à faire faire vos cartes culture et ayez TOUJOURS sur vous une pièce d’identité pour justifier de vos droits à bénéficier de ces tarifs avantageux ou de la gratuité.


- Les rencontres Michel Foucault auront lieu du 12 au 15 novembre et feront l’objet d’un article à part


- Le Poitiers Film Festival se déroulera du 29 novembre au 6 décembre. La aussi je vous en dirai plus dans un article dédié.


- Les vagabondages se dérouleront pendant toute la saison. C’est une nouveauté instaurée par Raphaëlle Girard ; ces évènements, gratuits, auront lieu trois ou quatre fois dans plusieurs villes ou villages éloignés afin que chacun puisse profiter de spectacles qu’ils n’ont pas l’habitude de voir. Le premier vagabondage de la saison commence le jeudi 12 septembre à La Blaiserie et se terminera le 22 septembre à Rouillé. La compagnie La Bravache présentera l’Illiade.


Pour rappel, les rendez-vous de la semaine :



- 11 septembre : présentation de la saison au public à partir de 19 heures sur le parvis du Théâtre Auditorium



- 12 septembre : ouverture des abonnements sur internet



- 14 septembre : ouverture des abonnements au guichet



Pour les abonnements au guichet, la prise de rendez-vous est obligatoire soit sur le site du TAP : https://www.tap-poitiers.com/infos-pratiques/infos-pratiques-spectacles/comment-acheter-spectacle soit au : 05 49 39 29 29.



Pour visualiser la saison, les tarifs et tous renseignements complémentaires vous trouverez tout ce dont vous aurez besoin ici : https://www.tap-poitiers.com/



Crédit photo : Arthur Péquin